Pourquoi faut-il sauver nos sociétés malades du stress ?

 

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Parce que le stress ne détruit non seulement les individus, mais aussi les couples, les familles, les organisations et les sociétés.

Une personne stressée fonctionne en mode « survie » Son corps active les mécanismes de survie et met en veille tous les mécanismes et compétences qui ne servent pas directement la survie. Elle fonctionne en pilotage automatique et a surtout recours aux réactions de défense comme le combat, la fuite ou la paralysie.

 Destruction de l’individu :

En situation de stress le corps se prépare à chasser ou faire face à un intrus ou un danger. Le rythme cardiaque s’accélère, la capacité respiratoire pour amener de l’oxygène s’intensifie, le système musculaire se prépare à l’effort, la sécrétion hormonale s’accentue et inonde le corps. Notre corps fonctionne en sur-régime  dopé, hyperactif et en douleurs anesthésiés. Il est physiquement prêt à s’engager dans la lutte pour sa survie.

Seulement, les défis que la vie nous réserve aujourd’hui sont d’une autre nature et nécessitent d’autres réponses. Et c’est justement ces compétences qui sont mises en veille en situation de stress.

Mais combien de situations stressantes un individu peut-il absorber sans dommages sur son corps ? Des recherches canadiennes le montrent, l’être humain est conçu pour 5 à 7 situations stressantes par semaine. Mais nous vivons souvent jusqu’à 50 par jour. Ce trop plein de situations stressantes fait que le système immunitaire est trop sollicité et n’arrive plus à faire face. L’être humain devient plus vulnérable et cela peut conduire à des inflammations, des infections chroniques et des allergies. Le système sanguin est affecté par l’hypertension et un accroissement de risques cardio vasculaires. Le système nerveux neuro endocrinien produit trop d’hormones ce qui conduit à un envahissement d’adrénaline et de cortisol et intoxique les cellules de notre corps.

A la longue le stress conduit à une fatigue générale, à un découragement, à la dépression ou au burnout et augmente considérablement des risques de maladies chroniques voir même dégénératives. Le stress détruit ainsi un individu et j’ai rencontré plusieurs personnes ayant eu à subir un burnout. Elles m’ont toutes dit que cela prends entre 3 et 4 ans pour s’en remettre si on y arrive vraiment.

Destruction du couple et de la famille

Noue le savons maintenant, le stress fait qu’une personne ne se concentre que sur elle même et sur sa survie. Elle néglige tout ce qui ne contribue pas immédiatement à sa survie. Manque d’écoute, mis en veille de la collaboration et du partage, manque de concentration, recours aux loisirs faciles, risque d’addiction à l’alcool, au tabac, aux médicaments, aux drogues, au travail, au téléphone ou à internet. Glissement vers un isolement. Manque de soutien, manque d’intérêt, absence d’empathie pour la vie de son conjoint et ses enfants, accroissement du risque de conflits et accroissement des réactions de défense. L’hygiène de vie en pâtit aussi, mauvais sommeil, mauvaise alimentation, manque d’exercice.

Ce stress est contagieux et il infecte assez rapidement les autres membres de la famille. L’équilibre familial est rompu et la famille s’autodétruit. Le stress affecte ainsi les capacités de réussites de chaque membre et mêmes les résultats scolaires de vos enfants s’en ressentent.

Le prix à payer est encore une fois énorme. Cela est d’autant plus regrettable que par des mesures simples mais permanentes il serait possible de se protéger contre le stress dans que cela demande des efforts ou nécessité du temps.

Destruction des organisations

Pour que les entreprises ou organisations réussissent à s’affirmer et à atteindre les objectifs sur les marchés, elles ont besoin non seulement de travailleurs, collaborateurs en pleine forme, mais aussi de dirigeants et cadres qui sont capables de mettre en jeu leurs compétences d’analyse, de créativité, de coopération, de décisions. Toutes ces compétences ne sont pas ou seulement partiellement accessibles quand une personne est stressée. Une organisation qui est infesté de stress connaît un taux d’absentéisme élevé, un fort pourcentage de présentéisme. La productivité est loin d’être optimale. Les processus de travail sont souvent désorganisés, de nombreuses fautes sont commises, les rebuts sont élevés, le climat de travail est souvent conflictuel, les accidents de travail plus nombreux, l’image de l’entreprise est souvent atteinte. L’organisation est en situation de combat constant, léthargique par paralysie durant certaines périodes, et des collaborateurs et cadres commencent à fuir. Les nombreuses restructurations sont de telles situations de combat. L’indécision et le déni de réalités sont d’autres symptômes.

Une telle organisation n’est pas en mesure d’affronter des marchés de plus en plus difficiles à maîtriser. Une entreprise qui désire se mettre en situation de réussite pour l’avenir a besoin des pleines compétences de chaque collaborateur. Il ne peut y avoir de la place pour des collaborateurs stressés. Mais cela nécessité une prise en charge de ce phénomène par les dirigeants d’entreprise. Le dénie ne peut être une réponse adéquate ni d’ailleurs l’idée qu’il suffit de cravacher les salariés pour que les choses s’arrangent.

Tout dégât causé par le stress sur un collaborateur constitue aussi un dégât à l’entreprise. Les coûts du stress sont élevés. Non seulement les coûts directs, mais surtout les coûts indirectes. Et du fait que le stress est devenu un phénomène de société, il n’est pas possible pour l’entreprise de s’en isoler. Chaque entreprise est touchée au quotidien.

La question est, voulons nous avoir des organisations et des entreprises efficaces ? Alors nous devons apprendre à prendre le stress en charge aussi sur le lieu de travail.

Destruction de la société

Finalement reste la société, la nation. Le stress détruit aussi nos sociétés. L’explosion des coûts de santé dues à certaines pathologies et dépendances (alcool, tabac, cannabis, autres drogues, médicaments psychoactifs,) mais aussi aux maladies comme l’obésité, le diabète, les dermatoses et autres maladies chroniques et dégénératives sont le signe que le stress détruit lentement nos sociétés. L’isolement social est en augmentation, la solidarité s’affaiblit. Ceux qui doivent payer la note des coûts de la santé commencent à rechigner.

Le coûts économique du stress pour les sociétés est de l’ordre de 3 à 5 % du PIB uniquement pour les coûts directs. Les coûts indirects avec les suicides, les dépressions, les turnouver dans les entreprises, la baisse de rentabilité sont autant de facteurs qui s’ajoutent à la facture globale.

Si nous voulons protéger nos sociétés du stress, il devient urgent de se rassembler et d’agir à tous les niveaux. Sont appelés à la fois politiques, dirigeants, managers, collaborateurs, clients, parents, à prendre en charge ce défi. Il n’y a pas de raison que nous n’y arrivons pas si chacun met un peu du sien. Mais que convient-il d’entreprendre, qu’est-ce que chacun peut faire pour réussir, comment organiser un tel effort? Des suggestions dans notre prochain billet.