Burn-out, le mensonge d’une société

La psychotherapeu Martina Leibovici-Mühlberger, dans une interview de la Sonntagszeitung présente son livre intitulé “le mensonge du burn-out”.

Burn-out, le mensonge d'une société

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Individu responsable?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne nie pas le burn-out, bien au contraire. Mais elle nie le mensonge que la société attache au burn-out qui consiste à rendre l’individu responsable de son burn-out. Selon elle, c’est l’organisation de notre société capitaliste qui est à l’origine de ce phénomène. Cet environnement de consommation, de compétitivité, offre d’énormes possibilités de gains pour quelques uns. Mais oblige la grande masse des autres à courir de plus en plus vite ou longtemps, un peu à l’image d’un hamster dans sa roue.

Le burn-out est pour elle une invention de la société. Invention qui offre la possibilité de nier les vrais problèmes et d’utiliser des bouc émissaires pour les rendre responsables de ce qui leur arrive. De plus on prône l’idée que l’être humain peut être plus ou moins résistant au stress. Et s’il ne l’est pas, alors nous avons à faire à un faible ou un incompétent. Il n’a donc pas sa place dans ce système de compétition.

Burn-out, conflit culture – biologie

Ce phénomène sociétal  du burn-out n’est rien d’autres que l’expression de l’escalade des conflits entre la culture économique et notre nature biologique et humaine. De plus en plus de personnes n’arrivent plus à réunir en elles ce côté humain et cette culture économique qui exprime tout en chiffre et réduit, voir nie l’humain.

Le même phénomène, nous le rencontrons dans notre rapport au climat et à la nature. Le réchauffement climatique, les inondations, les sécheresses, expriment le même type d’escalade des conflits.  En se concentrant sur le CO2 on n’affronte encore une fois pas les vrais problèmes. On s’attaque aux conséquence et non pas aux causes. L’expérience de Copenhague et de LIma le montre. Cette approche rencontre des difficultés insurmontables pour des raisons économiques.

Si le stress de l’individu, de la nature et du climat ne suffit pas à nous ouvrir les yeux sur l’état du monde c’est que l’environnement culturel économique reste dominant. Toute notre volonté ne suffit pour changer cela. L’environnement reste bien plus fort.

Comment réagir?

Mais comment faire pour que cela change? Comment faire pour qu’un grand nombre de citoyens deviennent conscient qu’une transformation est possible et que la transition est le chemin à prendre?

Le burn-out est un prix trop lourd à payer à la fois pour l’individu, la nature et le climat. Mais que faire si nos dirigeants n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les mesures à prendre en la matière?

La seule solution que je vois, c’est de faire en sorte, que chacun met la vie au coeur de son quotidien. Le bien-être commence chez soi. Dans ses murs, à sa place de travail. Être bien c’est vivre intensément sa vie, c’est aimer sa vie, lui donner du sens.

Ce n’est que si l’individu retrouve régulièrement les bénéficies d’une nature intacte qu’il commencera à s’intéresser à l’environnement en général. Toutes les associations qui cherchent à promouvoir la transition devrait se poser la question: “Comment faire ressentir les bénéfices de leurs actions aux membres et au prospect pour leur cause?”

En faisant revenir la nature chez soi, dans ses murs, dans sa vie il est possible de promouvoir la nature biologique et de réduire un peu la prééminence de la culture économique.

2 réflexions au sujet de « Burn-out, le mensonge d’une société »

  1. Vuillemin Eric

    Le burnout, c’est également un mensonge que l’on se fait à soi-même et j’en suis témoin car je me suis refusé (déni total) durant de longs mois de prendre en compte des signes évidents d’un burnout en devenir. Signes facilement détectés par mes enfants, mon épouse, mes collègues et amis. Je ne voulais / pouvais pas voir que j’allais droit dans le mur en continuant de travailler dans un contexte professionnel ne respectant pas mes valeurs et mon besoin naturel d’adapter mes services aux besoins spécifiques à chaque public. il a fallu que mon chef et ma fille m’oblige a aller voir un médecin pour que j’accepte à commencer le long, très long chemin de la reconnaissance de ma situation et du travail de reconstruction. Eric Vuillemin CH – Genève

    1. Rudolf Kiefer Auteur de l’article

      Je vous remercie de votre témoignage et du courage de vous exprimer. C’est par de tels message qu’il sera, je l’espère du moins, possible d’ouvrir les yeux aux nombreuses personnes qui risquent de devoir souffrir, et faire souffrir aussi leur entourage d’un burn-out.

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