Réactions de défense

DéfenseNous savons que notre cerveau enregistre les expériences et le vécu de manière permanente et forme un modèle personnel du monde, sur la base des expériences des informations, des programmes, des sentiments, des émotions. Notre cerveau valorise ces impressions. Il en crée un certain nombre de modèles,

  • modèle de soi-même,
  • modèle d’autrui,
  • modèle d’ennemi,
  • modèle de ce que nous considérons comme bon pour nous, de ce que nous considérons comme mauvais pour nous.

Cette structure de modèles est plus ou moins rigide chez chacun de nous en fonction des expériences enregistrées.

)Une idée qui est en porte à faux avec notre structure de modèles, nous la nommons une idée contre intuitive. Il s’agit d’idées que nous répugnons, qui nous font peur, qui nous mettent en colère,qui nous mettent mal à l’aise, qui sont contraires à notre savoir, notre savoir faire, nos expériences, nos représentation habituelles et nos sentiments.

Le terme idée peut couvrir par exemple une décision, une prétention, une situation, un objet, une sollicitation que nous abordons toujours et exclusivement avec nos modèles intérieurs. Et ces modèles sont différents chez chacun.

Face à une idée contre intuitive, notre réaction la plus habituelle est une réaction de défense. Quelle sont ces réactions de défense? Personnellement j’en vois trois

La fuite

La personne quitte la scène, elle refuse la confrontation avec la situation jugée dangereuse ou elle accepte la situation sans autre, juste pour avoir la paix et en contradiction avec la réalité. La fuite peut, à l’intérieur d’un groupe, conduire à la panique collective.

Le combat

L’ennemi potentiel entre dans la sphère critique du cercle de danger. La personne ne fuit pas ou ne peut plus fuir. Elle commence alors à se battre de manière active contre l’intrus. L’idée est de chasser l’intrus. Le combat se compose de l’attaque et de la défense, des agressions verbales et manuelles. L’intensité des combats va en s’accroissant pas à pas. Aux menaces suivent des attaques jusqu’à la destruction. Refuser, dire non, défendre son territoire intellectuel, ses modèles intérieurs, voilà la réaction.

L’abandon ou faire le mort

L’ennemi a dépassé la distance critique, le combat semble perdu d’avance la personne se défend alors passivement en supprimant son activité dans cet environnement. Il peut s’agir d’un abandon partiel ou total. Faire le mort, hiberner, s’enfermer, se figer, se déconnecter, avoir une dépression. Ce qui est important, c’est que la centrale de réception de données et d’informations est mis hors service. On ne voit plus rien, on entend plus rien et la situation dangereuse n’existe plus.

Contenu des réactions de défense:

Dans le domaine des idées contre intuitives ce comportement de défense a comme contenu:

—>Réactions stéréotypes en recourant à des cliches des préjuges, On reste sur ses positions

qui ont fait leur preuve dans le passé et qui correspondent à nos représentations et comportements habituels. Le filtrage des informations ne permet l’accès à la conscience que des information qui sont déjà enregistrées dans notre mémoire. Les informations non enregistrées sont tout simplement rejetés.

->Les réactions défensives inadéquates:

L’idée nous stress, la défense est enclenchée. La personne se rebelle, se défend, fuit ou s’abandonne face à cette situation ou cette idée. Elle refuse d’explorer la situation, elle défend sa position. Elle se laisse aller, refuse les initiatives, refuse de prendre ses responsabilités. Elle met en doute le système les termes utilisés, les documents montrés, la personne qui émet l’idée. Elle attaque la personne, elle la boycotte, elle l’ignore.

->Arrêter prématurément la réflexion discursive

Trop impatient, trop pressé, la situation, l’idée n’est pas explorée et analysée jusqu’au bout. Une décision hâtive est prise. L’idée est jugée prématurée.

Une autre manière d’interrompre la réflexion discursive consiste à utiliser la tactique de la guérilla qui permet de retarder, bloquer, freiner, dévier l’exploration et l’analyse de l’idée pour la faire abandonner car l’effort nécessaire peut ainsi devenir disproportionné avec le résultat attendu et la conséquence est l’arrêt prématuré de l’exploration.

Une personnalité fermée

Une personnalité fermée ne veut rien apprendre, a peur de modifier sa structure et ses modèles intérieurs de pensées et de comportements. Elle est extrêmement irritable, stressée, ne connaît plus aucune tolérance de frustration, ne supporte pas les questions ouvertes, cherche à stabiliser sa propre intelligence dans un environnement changeant par une rupture des relations, de la communication ou de l’exploration.

Les réactions de défense sont toutes des réactions qui cherchent à stabiliser nos modèles intérieurs du passé sans vérifier l’adéquation de nos modèles avec la réalité de la situation originale. Cette situation conduit immanquablement à un certain détachement de la réalité.

Si nous désirons assurer une capacité minimale d’exploration nous devons nous assurer que les réactions de défense soient maîtrisées. Comment les maîtriser, sinon par la halte créative et le jugement différé?